Tous ceux qui avaient trop tôt et à tort voulu ranger la
vielle au rang d’instrument poussiéreux juste bon à animer quelques bals
dominicaux pour les anciens, risquent d’être fortement surpris par cet album.
Déjà, les oreilles avaient eu l’occasion depuis quelques années de la
(re)découvrir par son utilisation chez les groupes de rock (PIGALLE) ou dans la
mouvance traditionnelle, de Patrick BOUFFARD à Valentin CLASTRIER et sa
participation aux expériences électro de Denez PRIGENT.
Avec COSMIC DRONE, on peut cette fois parler d’expérience
décoiffante et un rien «rock n’roll». La vielle électroacoustique de Stéphane
DURAND est au centre des débats et ne se retrouve pas cantonnée à un style en
particulier. Accompagné de Vincent VIALA (clavier), Thierry LEU (basse) et
Vincent LEMAIRE (batterie), le musicien explore toutes les possibilités de son
instrument à la limite de la cassure.
Même si l’héritage musical est d’essence traditionnel,
l’ensemble peut être ici qualifié d’évolutif. Tous les titres sont d’ailleurs
des compositions de S. DURAND, ou de V. VIALA pour la plage 9.
L’album débute par une série de titres très rock où la
vielle fait parfois penser à une guitare électrique (Afficionados ;
Orokhan), soutenue par une batterie très présente sans être trop lourde.
Vient ensuite un bon assemblage de morceaux plus calmes, dont Cosmic Drone
qui donne son nom au groupe et dont l'ambiance ne reflète pas tellement
celui-ci. On retrouve également des climats jazz (Drive Left où la
vielle fait cette fois penser à un sax ; St Denis en Valse), dance (L’Arrogante),
voire reggae (Fabuliste).
COSMIC DRONE est donc un groupe et un album dont
l’originalité va faire sursauter les accros de la tradition pure et dure, mais
qui peut aussi faire découvrir la vielle à un public jusque-là réticent.
Vivement des concerts afin d’entendre (et de voir) sur scène ce que l’on a tant
apprécié sur disque.
Didier LeGoff